Fil conducteur

J’avais déjà, huit ans avant de commencer ce blog, ces idées embryonnaires, ces intuitions en germe ! Après les avoir oubliées sans les avoir niées, impressions inconscientes de ma lecture du monde, voici que je les retrouve et reprends mon fil conducteur là où je l’avais laissé – avec quelques rides naissantes et une expérience d’adulte-travailleur-parent.

Les voici :

  • l’idée anti-communiste, ou anti-catholique, qu’une forme d’égalité effective des hommes ne peut, ou ne doit, jamais être totalement réalisée sous peine de condamner l’humanité à une forme de stérilité – car à l’absence de motivation à être, de quête de sens, s’associerait une dissolution dans un néant anhistorique : un totalitarisme,
  • l’idée que l’humanité peut devenir une communauté continue sans barrières entre des individus frères ayant chacun leur vécu, leur histoire et leur sensibilité – un cosmopolitisme pluriel.

Ces convictions, exprimées ici de manière fruste et mal dégrossie, sont l’objet de mon projet : opposition entre égalitarisme et égalité (dont la garantie des libertés individuelles est la finalité) ; émanation d’un cosmopolitisme universaliste à partir de terroirs singuliers et vivants.

Les pieds sur terre (dans le terroir) et le même ciel pour tous.

 

J’en suis touché, amusé et satisfait pour deux raisons :

  • ces intuitions restent conformes à ce que je pense, et après ces temps de changements nombreux, j’ai continué à avoir ces convictions, qui sont elles-mêmes issues d’un processus engendré durant mon adolescence. Il n’y a ni rupture, ni renoncement, ni abaissement, ni compromission envers l’état brut de ces pensées d’alors – la radicalité est intacte. Ce qui est important car, à mon avis, ce que l’on ressent envers le monde durant son adolescence est l’expression non filtrée, inaltérée et sincère de sa nature profonde. Non pas que l’on ne change pas, on change au contraire toute sa vie (comme toute chose), mais c’est le souffle premier et initiateur de ce que l’on va penser et devenir ; c’est ce qui conditionne, consciemment ou inconsciemment, l’ensemble des choix que l’on sera amené à faire. C’est notre sensibilité, elle est unique en chacun de nous.
  • ces idées sont simplistes, à peine argumentées, à peine écrites, à peine conscientisées et l’on ne sait s’il s’agit de fins ou de moyens, de causes, de principes ou d’effets. Tout est à faire, tout est à dire : c’est presque du Houellebecq ! Pourquoi en être satisfait ? Parce que maintenant, des années plus tard, je domine ces idées, et par conséquent je domine celui que j’étais : c’est rassurant, on progresse ! Mieux : ce qui n’a pu être fait alors sera peut-être possible désormais.

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