Combien coûte un électeur ?

Combien coûte un électeur ?

La réponse est là, dans cet article du Huffington Post.

Aspirateur à électeurs
Oubliez la stratégie politique : pour gagner les élections, investissez dans l’aspirateur à électeurs !

On peut remercier la maire de Puteaux (Mme Joëlle Ceccaldi-Reynaud, qui n’en est visiblement pas à sa première) et celles et ceux de tant d’autres communes malheureuses (témoignages bienvenus par une liste à la Prévert !) : désormais, on sait quel prix il faut payer pour acheter un électeur du troisième âge : 50 euros. Ce n’est pas cher payé. Et on  est d’autant plus étonné de constater que la vieillesse ne fait rien à l’affaire et ne fait pas mentir Brassens : quand on est con, on est con !

Ces personnes ont l’âge d’avoir fait leur catéchisme, donc de se souvenir que Jésus fût vendu pour 30 deniers. Alors qu’elles déplorent la modernité dans une nostalgie fantasmée : « c’était mieux avant ! » Avant quoi au juste ? Avant que vous-mêmes ne contribuiez à la médiocrité ambiante ? A quoi l’on conclura enfin que depuis l’an 0 rien n’a changé sur le plan de la morale, et que les progrès en ce domaine sont énormes.

Quelle eût été la bonne réaction ?

  1. Retourner le colis à l’envoyeur et demander le remboursement de ses frais d’expédition
  2. Demander des comptes sur l’utilisation des budgets de la mairie
  3. Par amour-propre et sens civique plus que par conviction politique, voter pour le camp adverse et se débarrasser des usurpateurs

 

Quant à nous, on prendra pour maxime que la fin ne justifiera jamais les moyens. Et qu’en toute logique, la corruption (puisqu’il faut appeler un chat un chat) engendre la corruption. Car de mauvais moyens dégénèrent toujours et on n’atteint jamais la fin que l’on souhaitait – ou alors en causant de tels « dégâts collatéraux » que cela compromet totalement la finalité visée.

On a la classe politique que l’on mérite. Le gouvernement que l’on mérite. La situation que l’on a soi-même causée : Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes (Bossuet).

Se faire élire par la corruption, c’est envoyer le message à la population que tout est pourri : à la fois pour ses électeurs, qui ne sont pas dupes, et pour ses opposants, qui peuvent à juste titre s’estimer bafoués.

On ne décrète pas la démocratie : elle doit venir d’en bas, de la pratique des citoyens et du respect de la libre parole. On ne décrète pas non plus la vertu : il faut commencer par être soi-même vertueux.

Jamais le clientélisme, donc. Jamais la perversion pour gagner, car on sera alors roi (ou reine…) d’un tas de fange. Même les meilleures intentions du monde ne pourront rattraper la corruption initiale des hommes. Soit l’on est soutenu pour ses vertus et par des personnes adhérant à ces vertus, soit il faut accepter de perdre.

La travail réside alors dans le discours, l’argumentation et la didactique. Labourer le champ autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce qu’il soit fertile, sans engrais, sans artifice. Sainement. Comme un Pierre Rabhi de la citoyenneté.

Enfin, on terminera par ce simple exercice sur soi : combien suis-je achetable (dans cette société où tout a un prix) ?

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