Le travail libre

C’est l’idée que développe Alain entre une lecture d’Aristote et une interprétation de la Volonté de Puissance nietzschéenne :

Aristote dit cette chose étonnante, que le vrai musicien est celui qui se plaît à la musique, et le vrai politique celui qui se plaît à la politique

– Alain

Et il cite Aristote :

Les plaisirs sont les signes des puissances

Alain développe :

Le signe du progrès véritable en toute action est le plaisir qu’on y sait prendre. D’où l’on voit que le travail est la seule chose délicieuse, et qui suffit.

J’entends travail libre, effet de puissance à la fois et source de puissance. Encore une fois, non point subir, mais agir.

 

Je critiquerais simplement ceci : le travail n’est pas la seule chose délicieuse, et qui suffit. Ce travail libre, en soi et pour soi, n’est que l’expression d’une forme de liberté – la liberté créatrice. Mes libertés vont nécessairement par deux.

Mais il est vrai que lorsque l’on atteint l’harmonie entre sa volonté de volonté (volonté de puissance) et son mode de vie effectif  – c’est-à-dire le temps dont on dispose hors contrainte, il y a de quoi être enthousiaste !

Nietzsche ne dit-il pas (dans Le Crépuscule des Idoles) :

Être forcé de lutter contre les instincts — c’est là la formule de la décadence : tant que la vie est ascendante, bonheur et instinct sont identiques.

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