Archives de catégorie : Spiritualité

Père protecteur

Tout est calme
alors que je te tiens dans mes bras
chair de ma chair
et que tu me saisis
le corps et le cœur
chair de ma chair

Tout est calme
un soleil couchant contraste notre champ arasé
car la moisson fut bonne
et le temps clément

Tout est calme
tout bruisse doucement
tandis que tu me saisis

Chair de ma chair
attendons les grands bouleversements

Arbeit macht frei – enfin, presque !

A la suite d’Alain et d’Aristote, mais contrairement au Sisyphe de Camus et bien entendu aux sweatshops ou aux camps de concentration (est-il utile de le préciser ?), on peut concevoir le travail libre comme une forme de liberté.

Arbeit macht frei
Le travail rend libre – enfin, pas dans ces conditions !

Lire la suite…

Le travail libre

C’est l’idée que développe Alain entre une lecture d’Aristote et une interprétation de la Volonté de Puissance nietzschéenne :

Aristote dit cette chose étonnante, que le vrai musicien est celui qui se plaît à la musique, et le vrai politique celui qui se plaît à la politique

– Alain

Lire la suite…

Tentation de l’isolement – misanthropie

Je suis parfois plus réjoui par le contact avec la nature que par celui de mes contemporains

Mais je dois admettre immédiatement que ces instants de félicité me sont offerts par mes contemporains. Sans eux, je serais en combat permanent avec la nature. Sans eux, ma vie serait un labeur continu et elle serait bien morne.

Lire la suite…

La condition de Sisyphe – l’écriture sous influence

Croire Sisyphe heureux, comme Camus ?

Sisyphe, par Franz von Stuck
Sisyphe, par Franz von Stuck

Sisyphe a un passé, une histoire, un cheminement et des choix personnels profonds qui l’ont conduit là où il est. Sa vie est moins devant lui que derrière. Il peut donc accepter, dans ce cas, le sort qui lui est fait et en être satisfait. Il s’agit d’une forme de consécration, de reconnaissance pour ses actes.

Lire la suite…

Les Ménines

Dans Les Ménines, chef-d’œuvre de Velázquez, le peintre s’immortalise observant le couple royal, que nous apercevons dans le miroir. Mais aujourd’hui, c’est nous qu’il regarde, et nous qui serons bientôt dans le miroir du passé. Happés par la toile, happés par le temps. Invités par ce noir personnage au fond à pénétrer dans la lumière, vers l’inconnu. Gardés par le chien Cerbère, tandis que les gamines jouent – au présent.

Les Ménines - Velazquez
Les Ménines – Velazquez

La toile m’inspire une critique acerbe et ironique du pouvoir temporel : car il n’y est pas représenté en majesté, mais en médaillon, dans le lointain et vaporeux reflet du miroir. Ce pouvoir semble infime, mais pourtant la taille du tableau en cours de réalisation atteste de l’importance qu’on lui accorde – à tort ?

Certains portraits sont par eux-mêmes des contestations ; c’est qu’ils sont faits du dehors et sans passion par un peintre qui refuse toute complicité avec son modèle.

– Sartre, Qu’est-ce que la littérature ?

 

Je ferais un affront à l’histoire de l’art si je n’incluais pas la version revue et corrigée par Philippe Geluck (enfin, c’est mon interprétation de ce dessin) :

Les Ménines - par Philippe Geluck
Les Ménines – par Philippe Geluck