L’Etat – ce monstre froid (Nietzsche) : comment changer le monde

Il y a quelque part encore des peuples et des troupeaux, mais ce n’est pas chez nous mes frères, chez nous il y a des États.

État, qu’est-ce que cela ? Allons ! ouvrez vos oreilles, je vais vous parler de la mort des peuples.

L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « moi l’État, je suis le peuple ».

C’est un mensonge ! Ils étaient des créateurs ceux qui créèrent les peuples et qui suspendirent au-dessus des peuples une foi et un amour : ainsi ils servaient la vie. Ce sont des destructeurs ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un État : ils suspendent au-dessus d’eux un glaive et cent appétits.

Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l’État et il le déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux lois.

– Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra

Il est fondamental de bien comprendre cela : l’État est un pouvoir temporel dirigé par une minorité de personnes (quelques centaines, voire milliers tout au plus), et ce, quel que soit le système politique auquel on fait référence (monarchie, démocratie, technocratie, dictature, etc.).

L’auto-préservation de cette oligarchie d’État la conduit nécessairement à instrumentaliser l’État comme moyen de manipulation de l’opinion publique et de coercition des dissidents (« un glaive et cent appétits », écrit Nietzsche), bien souvent par l’instrumentalisation religieuse ou idéologique (ce qui est la même chose), avec des niveaux de violence variables pouvant conduire à l’atroce : le massacre génocidaire et sa complicité – exemple donné car l’Allemagne et la France (puisque je vise ici ces pays) sont en outre des démocraties.

Soustraire la volonté et la destinée des peuples à celle de l’État, voilà qui est capital si l’on souhaite profondément changer le monde.

 

Non seulement la question de la représentativité est cruciale en démocratie (car c’est le seul système qui se targue d’en faire un devoir), mais une démocratie digne de ce nom doit admettre que la responsabilité, la liberté et l’autonomie sont intrinsèques à l’homme et que toute tentative de les lui soutirer, c’est le mutiler et le réduire à un animal, qui ne pourra jamais plus se réaliser dans tout son potentiel.

Il faut donc laisser aller les individus, c’est-à-dire les laisser s’organiser en « peuples et troupeaux », ou ce que je nomme communautés (hommes, culture, territoire et moyens de subsistance).

Tel est l’un des fondements de mon utopie.

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