Tentation de l’isolement – misanthropie

Je suis parfois plus réjoui par le contact avec la nature que par celui de mes contemporains

Mais je dois admettre immédiatement que ces instants de félicité me sont offerts par mes contemporains. Sans eux, je serais en combat permanent avec la nature. Sans eux, ma vie serait un labeur continu et elle serait bien morne.

La tentation de l’isolement et du retour à la nature, combien d’entre nous ne l’avons éprouvée ?

Il faut pourtant célébrer que le monde soit ce qu’il est, pour que nous puissions être ce que nous sommes. Et si nous souhaitons qu’il soit différent, commençons nous-mêmes par être différents – en pensant tout d’abord en quoi consisterait cette différence.

Mais si je hais ce que je suis ? Si je réfute mon être à travers ce que le développement de l’espèce humaine engendre ? Si, loin d’avoir foi en l’homme, je pensais qu’il était la source du mal passé, présent et en devenir ? Si donc, la solution m’apparaissait de disparaître et de faire disparaître ?

C’est là une tentation mégalomane, mais n’est-elle pas sensée ?

Une fois pour toutes, rayer tous les maux. Tous ? Ceux du vivant ou ceux de l’homme ? Dans la nature, les loups et les lions chassent en meute. Les forts dévorent les faibles. Ce à quoi l’homme a voulu se soustraire – et n’y est toujours pas parvenu. Est-ce pour autant que nous devrions céder au suicide collectif ?

La tentation relativiste est une force de mort. S’y opposent toutes les forces de vie. Ces forces trouvent leur chemin, même dans les endroits les plus hostiles.

Ne pas se laisser submerger par les atrocités. Certes, nous sommes les seuls responsables et coupables de nos immondices et de l’horreur aussi.

Mais est-ce là une raison de fuir ou de vouloir que tout s’arrête ? Nous avons la chance d’avoir ce choix de pouvoir relever le gant. Nous avons la chance de pouvoir faire honneur à ceux qui se sont battus pour le meilleur, de révérer le présent pour être dignes du futur :

Féconder le passé en engendrant l’avenir, tel est pour moi le sens du présent

– Nietzsche

 

Il y a du pain sur la planche, et toutes les bonnes volontés sont requises.

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