Des nouvelles de l’Afrique

On nous bassine à longueur de temps que l’Afrique est le nouvel Eldorado, la nouvelle frontière, le futur de la croissance mondiale et autres grandes idées. Je souhaitais, pour les béats de la croyance en la croissance infinie et au progrès civilisationnel occidental à sens unique, énoncer quelques faits.

1. Sur les ressources naturelles du continent africain

Le pillage n’est pas neuf : d’abord, la colonisation, ensuite, les Etats corrompus. Et il se poursuit avec l’aide des grandes compagnies (comme Glencore) qui sentent le soufre : l’argent et le cynisme rois. Ainsi, l’exploitation et le négoce des matières premières de l’Afrique (exploitations minières et pétrolifères), entre des contrats et des prix d’achat falsifiés (entre filiales du même groupe) et l’évasion fiscale (les filiales s’organisent pour faire disparaître les bénéfices vers des paradis fiscaux), ont engendré une perte estimée à plusieurs centaines de milliards de dollars par an pour ces pays.

C’est la triple peine : être pillé de ses ressources, être pollué, être déstabilisé politiquement (financement des seigneurs de guerre) et n’en obtenir aucune compensation :

La maîtrise des ressources naturelles est également très importante si l’on veut venir en aide aux pays africains. La plupart des pays africains exportent des ressources naturelles sous forme de matières premières, puis les réimportent cinq ou six fois plus cher. Si nous pouvons utiliser les ressources naturelles au profit de l’Afrique – c’est-à-dire en multipliant le prix six fois pour ensuite en faire profiter le peuple africain – nous parviendrons à mieux  mobiliser les ressources africaines.

– Maged Abdelaziz, Conseiller spécial de l’ONU pour l’Afrique

 

2. Sur la main d’œuvre africaine

Il paraîtrait que l’on délocalise même en Chine ! Et où ? Vers l’Afrique !

Mais cette fois, ce ne sont pas les Occidentaux qui choisissent où implanter leur nouvel atelier à bas coût, mais les Chinois eux-mêmes. Avec l’aval des dirigeants africains (en Ethiopie, par exemple), qui n’ont sans doute pas tort de penser qu’après avoir tout cédé aux occidentaux et si peu reçu, les Chinois ne feront pas pire. Et c’est toujours bon de faire jouer la concurrence. Cette phrase saisissante prononcée par Zhang Huarong (président de Huajian Group – fabricant chinois de chaussures) « dans un grand sourire » (c’est ce que note le journaliste) :

L’heure est venue à notre tour de soutenir le développement de la civilisation africaine, comme les Occidentaux l’ont fait ici il y a trente ans.

 

Comment ne pas entendre l’ironie derrière ces mots ? Toute l’ironie de ceux qui ont vécu l’installation à marche forcée des Occidentaux dans leur pays, venus « soutenir le développement de la civilisation » : quelle belle antiphrase ! On comprend donc bien le programme de ce « développement civilisationnel » et le régime auquel vont être soumis les travailleurs africains…

Et puis il y a ce « comme les Occidentaux », qui est une moquerie, une provocation, un camouflet. En clair et sans langue de bois : « comme vous, nous allons maintenant profiter d’une population pauvre pour notre plus grand avantage ». Grands patrons Occidentaux et Chinois dans une parfaite et renversante communion.

Quelques chiffres issus du magazine Le Point du 7 Mai 2015 :

Prévisions du FMI : 1,25 milliards de personnes en âge de travailler (15-64 ans) en 2050 en Afrique subsaharienne, soit le triple d’aujourd’hui.

La part de cette main d’œuvre [dans le monde] devrait progresser de 10% en 2010 à 22% en 2050 puis 37% en 2100.

Dès 2035, le nombre d’Africains entrant chaque année dans la population active sera plus élevé que celui observé dans toutes les autres régions du monde combinées.

Quels débouchés pour cette jeunesse ? Quels bouleversements à venir ?

 

3. Sur la croissance économique de l’Afrique et son influence sur les populations

Dans une tribune, Yves Jégo reprend les propositions de son copain Jean-Louis Borloo concernant un « Plan Marshall pour l’Afrique » :

L’Afrique a aujourd’hui une croissance moyenne de 5%, soit largement plus que l’Europe. En soutenant d’abord l’électrification du continent qui est le préalable à tout le reste, ce chiffre peut aisément doubler d’ici dix ans.

Atteindre cet objectif de 10% de croissance pour l’Afrique en 2025, c’est 1,5 à 2% minimum de croissance en plus par capillarité pour l’Europe.

Sans attendre que des milliers d’autres vies ne sombrent dans la Méditerranée, l’Europe doit s’engager d’urgence avec l’Organisation de l’Union Africaine pour élaborer d’un véritable plan de co-croissance.

Le risque est fort de rejoindre le bataillon des béats de la mondialisation heureuse qui fournissent nombre d’arguments afin de se dédouaner de toute responsabilité (comme Chevènement, ou le Front National – pas étonnant, Philippot est un ex-chevènementiste).

Car ce qui n’a pas été fait jusqu’alors, pourquoi le serait-il maintenant ? A moins d’un changement profond de politique envers le continent Africain, il y a peu de chances que la situation s’améliore par la magie de l’économie florissante. Nombreux ont été les échecs des politiques d’aide au développement, menées par différents gouvernements depuis des décennies. Quel serait le temps nécessaire pour mettre en commun les moyens militaires et uniformiser la politique extérieure européenne afin de pouvoir parler d’une seule voix ? En outre, à l’heure du rapprochement entre Afrique et Chine, l’Europe dispose-t-elle encore des moyens de peser sur la destinée du continent ? Enfin, alors que des initiatives d’union africaine et  émergent (par exemple : la Banque de Développement pour l’Afrique de l’Ouest), quel accueil serait réservé à un « Plan Marshall » européen, qui pourrait être perçu comme une nouvelle forme d’ingérence? (chat échaudé craint l’eau froide)

Car jusqu’ici, on ne peut pas dire que la croissance économique mondiale ait largement bénéficié aux Africains. Cette courbe d’évolution de l’Indice de Développement Humain (selon le crédit que l’on accorde à ce genre d’indicateur du bien-être) entre 1975 et 2004 le montre bien (source ici) :

Human_Development_Index_trends
IDH : évolution de 1975 à 2004

Comme le déclare Maged Abdelaziz :

Il faut une bonne gouvernance. Certains pays africains affichent un taux de croissance de 5 ou 6 %, parfois même de 8 %. Mais cette croissance ne profite pas à la population, et il y a de plus en plus de personnes qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Donc, si vous observez bien les choses, vous voyez un pays apparemment en pleine croissance et qui affiche d’excellentes performances économiques, mais si vous examinez les répercussions que cela a sur la structure socioéconomique du pays, vous voyez que seules certaines personnes en bénéficient.

C’est ce qui s’est passé dans mon pays, l’Égypte, où nous avions une croissance annuelle d’environ 5 à 6 %. Mais les seuls bénéficiaires en ont été les hommes d’affaires qui contrôlaient l’économie. En même temps, 40 % de la population vivait  en-dessous du seuil de pauvreté. La gouvernance doit être renforcée afin que les retombées économiques éventuelles profitent à tous.

Pierre-Antoine Delhommais écrit, dans un édito brillant (qui le rattrape de certaines bévues…) :

Des décennies de très forte croissance ne suffiront pas à combler cet écart, surtout lorsqu’on sait que la croissance en Afrique subsaharienne y est moins efficace qu’ailleurs pour réduire la pauvreté. Au cours de la décennie 2000, une hausse de 1 % du PIB y a entraîné une baisse de 1,36 % seulement du taux de pauvreté, contre 2,4 % en Asie de l’Est et plus de 3 % en Amérique latine.

Il est donc largement insuffisant de raisonner uniquement en termes de croissance du PIB et de « co-développement négocié » (programme du FN en 2007, thèses fréquemment évoquées par ses représentants) ; c’est ne pas faire cas du problème majeur africain, qui est d’ordre politique. Il serait nécessaire de s’immiscer dans le partage des richesses produites, ce qui impliquerait un niveau d’ingérence très élevé, voire une mise sous tutelle de certains Etats corrompus. Bien entendu, c’est irréaliste – il faut donc évaluer d’autres solutions potentielles.

 

4. Sur la démographie africaine

Toujours dans sa tribune, Yves Jégo écrit :

Il y avait 100 millions d’habitants en Afrique en 1900. Le continent en compte presque 1 milliard aujourd’hui et passera à 2 milliards en 2050. […]

Aujourd’hui, sur 30 millions de migrants, 7 se dirigent vers l’Europe, 6 vers d’autres destinations extra-africaines et 15 migrent au sein même du continent provoquant bien des déséquilibres en particulier ceux dont le terrorisme se nourrit. Qu’en sera-t-il demain quand la population africaine aura doublé ? […]

Désormais 50% des Africains ont moins de 25 ans […]

Comment ne pas voir les dégâts de ces migrations à l’intérieur même d’un continent déstabilisé dans tous les sens du terme par cette poussée démographique qui s’accélère?

La poussée démographique, donc le rajeunissement à grande vitesse de la population, pose le problème de l’instabilité politique dans un contexte d’inexistence de débouchés pour cette jeunesse. Les Printemps Arabes ont été un signe annonciateur de ces bouleversements : ils ont été initiés par une jeunesse éduquée, lassée de la chape de plomb pesant sur elle. Prémonitoire, Huntington écrit, dans Le Choc des Civilisations (1996) :

Dans les principaux pays arabes (Algérie, Egypte, Maroc, Syrie, Tunisie), le nombre de personnes de moins de 30 ans en quête d’emploi augmentera jusqu’en 2010 environ. Par rapport à 1990, le nombre de demandeurs d’emploi augmentera de 30% en Tunisie, de 50% en Algérie, en Egypte et au Maroc, ainsi que de 100% en Syrie. La scolarisation plus importante dans les sociétés arabes crée aussi un fossé entre la jeune génération qui sait lire et écrire et l’ancienne génération, majoritairement illettrée. Cette dissociation entre connaissance et pouvoir risque d’être une pression sur les systèmes politiques.

De manière plus générale (extrait du même ouvrage) :

Les jeunes sont les acteurs de mouvements de protestation, de réforme et de révolution. Historiquement, l’existence de populations jeunes nombreuses a coïncidé avec de tels mouvements. […] L’augmentation importante de la proportion de jeunes dans les pays occidentaux a coïncidé avec « l’ère des révolutions démocratiques » dans les dernières décennies du XVIIIe siècle. […] La génération du baby-boom d’après la Seconde Guerre mondiale s’est signalée politiquement à l’attention à la faveur des manifestations et des révoltes des années 60.

Mais l’Afrique est confronté à des problèmes sanitaires et sociaux dramatiques qui sapent les vertus démocratiques attendues de ce bouleversement démographique et font plutôt de l’accroissement démographique un problème supplémentaire :

  • la faim et la malnutrition : plus de 2 milliards de personnes dans le monde souffrent de malnutrition ; « Agir sur l’agriculture est essentiel mais non suffisant, insiste Noël Zagre. Lutter contre la faim invisible suppose d’agir conjointement sur l’agriculture, l’éducation, l’eau-l’hygiène-l’assainissement, la santé, la protection sociale car la malnutrition a de multiples causes. »
  • les épidémies, dont récemment, Ebola, et bien sûr, le SIDA, en possible voie d’endiguement :

Le dernier rapport de l’ONUSIDA  2014, revenant sur les chiffres 2013 laisse des raisons d’espérer que la lutte contre le VIH/Sida porte ses fruits. Le rapport indique que le nombre de nouvelles infections à VIH a diminué de 38 % entre 2001 et 2013. De nombreux progrès ont été réalisés notamment dans l’élimination de la transmission de la mère à l’enfant. Le nombre d’enfants infectés par le VIH/Sida a diminué de plus de 58 %. Près de la moitié des personnes vivant avec le VIH/Sida connaissent leur statut virologique. Environ 86 % des personnes VIH+ reçoivent un traitement ARV dans les pays d’Afrique sub-saharienne. Toujours en Afrique sub-saharienne, le nombre de morts liés au Sida a diminué de 39%.

La situation s’améliore peu à peu, pourtant, les risques sanitaires élevées continuent de peser sur le contient africain et assombrissent ses perspectives, concernant le SIDA, notamment :

Des marchés du travail peu développés, des taux d’épargne et d’investissement insuffisants, des standards de gouvernance inadaptés et un niveau d’éducation globalement faible sont autant de facteurs qui aggravent l’impact du SIDA sur la région toute entière. […]

Pour l’ensemble de l’Afrique, le SIDA coûterait entre 11,7% et 35,1% du PNB annuel. […]

Les études actuelles sont incapables de chiffrer les conséquences sur l’agriculture, la production industrielle, la sécurité alimentaire et plus encore sur les inévitables conséquences sociales de l’épidémie : destruction des familles et des structures sociales, millions d’orphelins livrés à eux-mêmes (il est prévu 41 millions d’orphelins en Afrique en 2010), réduction à néant des réseaux communautaires. Certains auteurs en concluent que, dans les années à venir, les économies africaines vont « imploser sous l’effet du SIDA ».

 

5. Sur le renouvellement des élites et du pouvoir

L’agenda politique africain en 2015 et 2016 est particulièrement chargé :

La liste des présidentielles et des législatives prévues en Afrique en 2015 et 2016 est longue : selon les fins de mandat et sans les reports, 10 présidentielles et 11 législatives en 2015, 16 présidentielles et 12 législatives en 2016, [soit] 26 présidentielles et 23 législatives, 49 élections sur 2 ans dans 54 pays.

En raison de ces scrutins, ces deux années seront essentielles pour la démocratisation du continent. Le moment est venu pour relancer la relation Europe-Afrique autour de plus d’efficacité et de résultats dans le soutien à la démocratie par l’amélioration de la qualité des processus électoraux.

Au Bénin, une figure modérée telle que celle de Lionel Zinsou pourrait représenter un espoir… à moins que sa nomination en tant que Premier Ministre pour une durée si courte ne soit un piège tendu : « vous voyez, il n’a pas fait mieux que nous » ?

La difficulté pour les pays Africains est d’ouvrir le processus démocratique, d’abord en faisant respecter la constitution aux présidents sortants (interdiction de l’accumulation des mandats au-delà d’un certain seuil), ensuite en garantissant que le passage d’une majorité à une autre ne sera pas l’occasion de comportements revanchards entraînant des violences, voire une guerre civile.

Or, la violence a déjà éclaté au Burundi, où le président sortant veut modifier la constitution afin de pouvoir briguer un troisième mandat. Ce pourrait aussi être le cas au Rwanda

Mise à jour du 17/09/2015 : voilà que c’est désormais le tour du Burkina Faso de connaître des soubresauts… en espérant que la situation évolue pour le mieux…

 

Mais le renouveau passe aussi par l’éducation, avec la création d’une école (l’African Leadership Academy) pour former une élite par et pour l’Afrique :

Le projet d’Ala est né en 2003 dans la tête de Fred Swaniker, un Ghanéen, ancien de Stanford et travaillant, en Afrique, pour le cabinet de conseil américain McKinsey. Constatant que les riches familles du continent pouvaient débourser jusqu’à 50 000 dollars par an pour mettre leurs enfants dans les meilleures écoles européennes, il se dit qu’il serait préférable que cet argent reste en Afrique. […] L’objectif était aussi de leur donner envie de revenir travailler en Afrique. « Il faut stopper la fuite des cerveaux », estimait Swaniker. Rejoint par trois autres directeurs africains de McKinsey, soutenu financièrement par des hommes d’affaires du continent noir et de grosses sociétés américaines, Swaniker recrute vingt professeurs au sein des meilleures universités. L’African Leadership Academy, sorte de prépa africaine, ouvre ses portes en septembre 2008.

La doyenne, Uzo Agyare-Kumi, déclare :

Ce n’est pas vraiment une école, c’est un endroit différent, où l’on transmet des valeurs. Nous voulons aider les étudiants à construire leur personnalité. Nous leur inculquons des principes et leur donnons les moyens d’être, demain, les leaders du continent, des chefs de file dans leur domaine, ceux qui entraîneront les autres à trouver des solutions africaines aux problèmes africains. Deux ans, c’est court, mais c’est suffisant pour poser les fondations d’une personnalité avant l’entrée à l’université.

 

Et nous ?

A coup sûr, le changement en Afrique arrive à grands pas. Mais que fait l’Europe, que fait l’ONU pour le rendre le plus favorable possible ? Quelle aide réelle offrons-nous ? Encore une fois, c’est la timidité qui domine, comme l’écrit Christian Daziano (ancien diplomate, ancien ambassadeur) à propos du Burundi :

Un régime de sanction ciblée, qui viserait des personnalités sans pénaliser la population, devra sans doute être envisagé. Une seule organisation internationale, l’ONU, dispose de la légitimité nécessaire pour mettre en œuvre un tel plan. Il est grand temps, si l’on veut éviter le pire au Burundi, que le Conseil de sécurité se saisisse de ce dossier en espérant que chaque membre du Conseil saura, comme cela a été le cas dans le passé, faire taire ses intérêts particuliers et œuvrer sans arrière-pensée.

 

Sans faire de néocolonisalisme, comment agir au mieux ? Comment prendre notre part de responsabilité ? Selon la célèbre maxime de Lao Tseu :

Donne à un homme un poisson et tu le nourriras un jour, apprends-lui à pêcher et il n’aura plus jamais faim.

J’ai l’impression que nous donnons du poisson mais que nous ne voulons pas leur apprendre à pêcher… ou les laisser pêcher, c’est-à-dire devenir autonomes vis-à-vis de nous : l’héritage de l’esprit colonial et de la Françafrique ? En outre, le versement indéfini de subsides est un pauvre alibi pour nos consciences, et sans doute même un acte contre-productif. Comme l’écrit Delhommais :

Beaucoup estiment que l’APD [Aide Pour le Développement] présente de nombreuses conséquences négatives : corruption, inflation, gaspillage, pression politique de la part des pays donateurs, hausse artificielle des taux de change pénalisant les exportations, épargne découragée au profit de la consommation, irresponsabilité des gouvernements assurés de toucher une aide d’autant plus élevée que les performances économiques de leur pays sont plus mauvaises.

Alors donc, si le continent africain est riche (et il l’est, c’est vrai), il n’est cependant pas dit que ses populations en bénéficient. Elles seront d’abord pillées et exploitées, puis, après quelques décennies de labeur, vivront dans le bonheur des lendemains qui chantent de la « civilisation développée ». Ainsi l’histoire s’est répétée, ainsi elle se répètera, à moins que… ce ne soit qu’une fausse promesse ?

Car au fait, après l’Afrique, who’s next ? Quel continent sera le prochain « relais de croissance » mondiale ?

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